Baroncia #1 / 2024
Vidéo 10:05, muette
Baroncia #2 / 2024
Vidéo, 10:05, muette
Baroncia [1929-2025]
Texte en deux fragments, 2025
Cette installation survient comme une conclusion à cette étude de l’image autour du vilage de Granaccia et de la mémoire familiale. Cette pièce trouve son actualité dansle registre de la rencontre : moi filmant mon père, lui-même retrouvant la grotte où se cachait son père un siècle plus tôt dans un contexte de vindetta après avoir été confronté au silence de son père autour de cet évènement. Et, de cette résistance à l’image devenu résistance par l’image, nous arrivons à la question du récit : les deux vidéoprojections restent muettes, sans indices, dans le silence, tandis que l’histoire de se lit que par le texte, comparé au fameux récit du Baal Shem.
Cette installation amène une conception de l’art en tant que proposition d’expériences, ici dans la création d’espaces communs du récit dans ces expériences du manque et de la dissimulation que sont à la fois la grotte et le secret familial. Baroncia questionne la position de l’artiste en tant que néo-conteur, répondant à l’angoisse benjaminienne face aux manques dans la transmission de l’expérience depuis notre modernité par la perte des espaces de circulations du récit à partir d’une histoire familiale silencée, pour interroger ces écarts et troubles portés jusqu’à nos images.
Face à la hantise de la disparition de la mémoire, et face à la transformation coloniale, depuis mon village.
Cette installation amène une conception de l’art en tant que proposition d’expériences, ici dans la création d’espaces communs du récit dans ces expériences du manque et de la dissimulation que sont à la fois la grotte et le secret familial. Baroncia questionne la position de l’artiste en tant que néo-conteur, répondant à l’angoisse benjaminienne face aux manques dans la transmission de l’expérience depuis notre modernité par la perte des espaces de circulations du récit à partir d’une histoire familiale silencée, pour interroger ces écarts et troubles portés jusqu’à nos images.
Face à la hantise de la disparition de la mémoire, et face à la transformation coloniale, depuis mon village.
“Tous les enfants de survivants savent bien à quel point ce qui se transmet, d’une génération à l’autre, c’est d’abord et avant tout le silence.”
Georges DIDI-HUBERMAN, Blancs soucis, Série Fables du temps, 2013, 128 p.
“Un silence apparaît souvent au plus fort de la parol qui témoigne. Un silence porte souvent – supporte en silence – l’intensité même de ce qui se dit”
Georges DIDI-HUBERMAN, Blancs soucis, Série Fables du temps, 2013, 128 p.
“L’irréparable n’interdit pas la parole, il la module différemment. Il n’interdit pas les images. Il les oblige plutôt à bouger, à explorer des possibles nouveaux. Le caractère irréparable de ce qui a eu lieu n’oblige en rien à élever des monuments à l’absence et au silence. L’absence et le silence sont là, de toute façon, dans toute situation donnés. La question est de savoir ce que les présents en font, ce qu’ils fon des mots qui contiennent une expérience, des choses qui en retiennent le souvenir, des images qui la
transmettent.”
Jacques RANCIÈRE, Le travail des images – Conversations avec Andrea Soto Calderón, 2019, 96 p.
“C’est surtout chez le mourant que prend forme communicable non seulement le savoir ou la sagesse d’un homme, mais au premier chef la vie qu’il a vécue, c’est-à-dire la matière dont sont faites les histoires (der Stoff, aus dem die Geschichten werden). De même qu’au terme de son existence, il voit défiler intérieurement une série d’images (eine Folge von Bildern) – visions de sa propre personne, dans lesquelles, sans s’en rendre compte, il s’est lui-même rencontré –, ainsi, dans ses expressions et ses regards, surgit soudain l’inoubliable (das Unvergeßliche), qui confère à tou ce qui a touché cet homme l’autorité que revêt aux yeux des vivants qui l’entourent, à l’heure de la mort même le dernier des misérables. C’est cette autorité qui est à l’origine du récit.”
Walter BENJAMIN, Le conteur. Réflexions sur l’œuvre de Nicolas Leskov (1936), trad. M. de Gandillac, revue par P. Rusch, Œuvres, III,Paris, Gallimard, 2000
