Les deux avions

Installation,
Vidéos sonores
2023 —

Deux avions : la Caravelle d’Ajaccio-Nice en 1968 et le DC-9 Yu ana en 1981. 
Deux avions qui ont fait face aux symptômes de l’insularité.

Caravelle, 10 vidéos sonores
Ce jour-là#1, installation de 38 tirages, impressions laser
Ce jour-là#2, installation de 2 tirages, impressions laser
San Petru, vidéo muette, 5”52
Sant’Ustagiu, 6”04
Communications#1, 14 tirages en impressions laser
Communications#2, vidéo muette, 1”10











L’accident du DC-9 Yu ana d’Inex Adria Aviopromet, transportant des passagers tchécoslovaques pour un aller-retour dans la journée entre Ljubljana et Ajaccio. Il s’est écrasé sur le mont San Petru le 1er Septembre 1981. La percussion est causée par un manquement dans le protocole d’approche de la part des pilotes du fait de malentendus lors de la communication entre les pilotes et la tour de contrôle. Cet accident est une affaire de signes, de dérives dans un langage qui se veut «universel», sans failles : un problème de « phraséologie». Et ce jusque dans la lecture des bandes de la boîte noire, avec des moments de «bégaiements», voire complètement incompréhensibles.













L’accident de la Caravelle Ajaccio-Nice du vol Air France 1611 est dû à un incendie dont on ne sait la cause exacte. Il amènera la perte de contrôle de l’appareil qui s’est alors écrasé en mer le 11 Septembre 1968. Malgré le rapport du BEA, beaucoup d’informations nous sont dissimulées pour cause de secret défense. la théorie la plus probable à ce jour est celle du missile perdu tiré par l’Armée. Il aurait identifié l’avion comme cible durant des exercices, la chaleur dégagée par les réacteurs faussant l’identification. Le président Emmanuel Macron a promis de lever le secret sur cet accident.















Travail autour de deux accidents d’avions qui ont marqué la mémoire collective : la Caravelle d’Ajaccio-Nice en 1968 et le DC-9 YU ANA en 1981. Posant la question de l’impossibilité du récit, ce traitement amène alors la problématique du signe dans l’île, à la fois à travers la notion de langage et la conception du secret d’état dans un territoire revendicatif. Car ces deux avions correspondent à des moments de forte tension politiques et culturels entre la Corse et la France, et donc une redéfinition du système de gouvernance. J’utilise alors l’image d’archive, les rapports du Bureau d’Enquête et d’Analyse (BEA), des témoignages, des reconstitutions et mes propres prises de vue. Ce projet prend donc à la fois la forme de l’enquête, mais bien plus pour interroger la survivance de la mémoire plutôt qu’une investigation autour de l’avènement de ces accidents, chacun dans une direction différente : entrante et sortante. Car ce qui retient mon attention est cette certitude : ces deux avions ont fait face aux symptômes de l’insularité.