Ensemble de pièces,
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Depuis 2022
La photographie a longtemps été définit une absence, dont il nous faudra restituer un spectre d’intensité, très inspiré par le registre de l’image reliquaire, miraculeuse et l’image achiropoïète. Quand vient la prise, la suspension de matière vaut comme une fixation.
La photographie a longtemps été définie par la certitude d’une absence, effective ou anticipée, dont il nous faudrait restituer un spectre d’intensité, une survivance, une rémanence. Cette pensée est particulièrement installée en Occident car elle nous serait directement inspirée par la conceptualisation de l’iconophilie chrétienne reposant sur une gouvernance par l’image, la photographie chancelant entre différents registres : notamment image reliquaire et achiropoïètikon, ce qui s’illustre particulièrement dans la comparaison avec les Saints Suaires. Mais, plus proche de nous, cette pensée trouvera son actualisation au XIXe siècle, rationnalisée par une croyance cette fois-ci mécanique de la photographie, qui sera justifiée théoriquement par l’utilisation de procédés physico-chimiques, couplé aux premières conceptualisation de la notion de “patrimoine”. Ce syncrétisme scientifico-religieux sera particulièrement interrogé à partir de la seconde moitié du XXe siècle, d’abord face à la culpabilité européeenne et l’angoisse de la “triple destruction” durant la Shoah — dont la tentative de destruction des corps et des archives fut proche d’une Damnatio memoriae (effacement total de la mémoire d’un groupe ou d’une personne).
