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︎ Sciroccu
︎ Glaukos
︎ Gorgo
︎ Prosopon
︎ Mezzaru
︎ Mizar
︎ 107.2
︎ Canari (wip) 

La photographie a longtemps été définit par la certitude d’une absence, effective ou anticipée, dont il nous faudra restituer un spectre d’intensité, très inspiré par le registre de l’image reliquaire, miraculeuse et l’image achiropoïète, justifié par les théories de l’optique. Quand vient la prise, la suspension de matière vaut comme une fixation, d’un corps de chair en un corps en particules fines ; puis la donnée fera se poser la question de ce contact jusqu’à avancer la fin d’un processus. Or, comment penser cette absence dans une culture pensant le monde par croisement des plans : celui des vivants et des morts ?

La visibilité en Corse n’est pas à éloigner de la pensée mazzerique : une forme de chamanisme corse issu du culte des morts. Si aujourd’hui on pense le mazzerisme à travers les chasses nocturnes rêvées ou somnambuliques de personnages passeurs dotés d’une hypersensorialité, il n’est pas à séparer de la pensée de l’ochju, dont la guérison par les signadori dépend de pouvoirs chamaniques à l'origine commune mais désormais séparés. Car dans l’ochju, c’est la pensée d’un pouvoir qui survit dans le sort de la jettatura, la pensée d’une puissance dans la visibilisation. Ici, cette pensée est étudiée à travers a petra uchjata (la diorite orbiculaire) dont le gisement se situe à Santa Lucia d’Attallà, quasiment épuisé par pillage. Regardons cette pierre où germent les yeux pers, le glaukós d’Athéna, l’éclat rayonnant, et questionner la puissance du regard dans une culture magique, des mazzeri aux yeux qui se forment dans l’huile d'a razione. À notre tour d’étudier les spectre de l'invisible.

«L’œil d’Athéna est l’œil qui éclaire et resplendit. C’est pourquoi lui appartient, comme un signe de ce qu’elle est, la chouette, ή γλαύζ. Son œil n’a pas seulement l’ardeur de la braise, il traverse aussi la nuit et rend visible ce qui serait, autrement, l’invisible»
Martin Heidegger

« La photographie, sans geste et sans mot, par le seul effet de la lumière, accomplit une opération eucharistique non sacramentelle, puisqu’elle peut se passer des mots transformateurs et montrer le corps et le sang. Les yeux du croyant vont communier avec elle et être dessillés par elle. […] La pensée magique ne cesse d’opérer par équivalence de l’image et du mot, d’un faire consubstantiel à un dire. Telle est la magie du désir. L’appareil photographique agit sans mot, comme une formule magique, un abracadabra mutique qui produit de l’abracadabrant muselant. »
Marie-José Mondzain


   





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